Blog consacré aux littératures africaine et caribéenne. En sommeil depuis octobre 2010.
Affichage des articles dont le libellé est AGENDA. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est AGENDA. Afficher tous les articles

jeudi 22 avril 2010

Les nouveautés du premier trimestre 2010


Au rythme d'un bouquin par mois,
je propose à qui voudrait s'initier à la littérature africaine (et antillaise) contemporaine de tenir jusqu'en avril 2011... (ça n'est pas mon programme de blogueur, simplement une suggestion de lectures). Voici en effet une sélection de 12 titres parus depuis le 1er janvier 2010. On y trouve des pointures (Emmanuel Dongala), des auteurs qui montent (Wilfried N'Sondé) et un petit nouveau (Jérôme Nouhouaï).

Notons que Gallimard est aux avant-postes, avec cinq oeuvres publiées dans sa collection « Continents noirs », parfois qualifiée de « ghetto » pour auteurs africains mais qui prouve ici son dynamisme. Suivie de près par Actes Sud et Le Serpent à plumes (trois livres chacun).


Anticorps
de Fabienne Kanor
(Martinique)
Gallimard, 2010
168 p., 15,90 euros


Présentation de l'éditeur :
« Il n'y a rien, dans mes mots, qui puisse s'inscrire dans ton programme, ce plan de fin de vie que tu as cru bon de fixer, qu'au fil des ans, patiemment, presque sournoisement, tu as échafaudé, à seule fin de t'en tirer. Où te figures-tu donc aller ? Combien de points vieillesse as-tu mis de côté ? » Après quarante ans de mariage, Louise se décide enfin à désobéir. L'histoire d'une liberté provisoire conquise au mépris des bonnes manières. Le bilan drôle et cruel de toute une vie de rébellions étouffées, porté par une écriture à poigne.


Le Corps rebelle d'Abigail Tansi
de Chris Abani
(Nigeria)
Albin Michel, 2010
160 p., 17 euros

Présentation de l'éditeur :
Hantée par le fantôme de sa mère morte en couches, Abigail, une adolescente nigériane dotée d’une force de caractère peu commune, est envoyée par son père à Londres chez des cousins. Mais loin d’y trouver la paix, elle plonge bien vite dans un enfer de solitude. Habile à mobiliser les pouvoirs attachés au spectre maternel pour survivre, elle va devoir payer sa résistance au prix fort… Tout à la fois lyrique et dépouillée, forgée aux rythmes et aux cadences de son pays natal, la prose de Chris Abani sublime l’expérience de la souffrance humaine en une méditation profonde sur la perte, l’abandon et la solitude. Par-delà la tragédie, Le Corps rebelle d’Abigail Tansi est un chef-d’oeuvre de poésie et de sensualité.


Le Diable dévot
de Libar M. Fofana
(Guinée)
Gallimard, 2010
186 p., 16 euros

Présentation de l'éditeur :
Dans l'incapacité pécuniaire d'effectuer un pèlerinage à La Mecque, l'imam Galouwa craint d'être remplacé par un jeune hadji qui convoite sa place et ses privilèges. Un octogénaire lui propose le prix d'un billet d'avion en échange de sa fille Hèra, âgée de 13 ans. Vendre la chair de sa chair au diable pour conserver sa religieuse fonction ? Ce marché horrible ne plonge pas du tout Galouwa dans les affres d'un choix impossible. Le Diable dévot est un roman d'une rare et cruelle lucidité, une tranche de vie vraie coupée dans la peau d'une jeune fille pour la plus grande gloire de Dieu, diraient d'autres religieux dans une autre religion. Un déchirant sacrifice, une passion portée par une écriture cristalline à en émouvoir jusqu'à la pierre carrée de La Mecque.


Exils
de Nuruddin Farah
(Somalie)
Le Serpent à plumes, 2010
384 p., 23 euros


Présentation de l'éditeur :
Après vingt ans d'exil à New York, Jeebleh décide de retourner en Somalie, son pays. Au programme : trouver la tombe de sa mère et aider son ami d'enfance Bile à récupérer Raasta, sa fille enlevée. Mais quand il débarque à Mogadiscio, Jeebleh se rend compte que la situation a radicalement empiré. Les clans ont divisé le pays, les adolescents prennent les gens pour des cibles et les Américains ont la gâchette facile. La tâche de Jeebleh est complexe, d'autant qu'on se méfie de lui. A quel clan appartient-il aujourd'hui ? Dans ce monde chaotique où rien ni personne n'est ce qu'il paraît, où chaque mot peut être une bombe, la petite Raasta, nommée la Protégée, représente l'espoir. Ses mots, sa présence sont le seul réconfort de ce peuple de vautours gouverné par la peur.


L'Iguifou
de Scholastique Mukasonga
(Rwanda)
Gallimard, 2010
120 p., 13,50 euros


Présentation de l'éditeur :
L'Iguifou, c'est le ventre insatiable, la faim, qui tenaille les déplacés tutsi de Nyamata en proie à la famine et conduit Colomba aux portes lumineuses de la mort... Mais à Nyamata, il y a aussi la peur qui accompagne les enfants jusque sur les bancs de l'école et qui, bien loin du Rwanda, s'attache encore aux pas de l'exilée comme une ombre maléfique... Après le génocide, ne reste que la quête du deuil impossible, deuil désiré et refusé, car c'est auprès des morts qu'il faut puiser la force de survivre. L'écriture sereine de Scholastique Mukasonga, empreinte de poésie et d'humour, gravite inlassablement autour de l'indicible, l'astre noir du génocide.


Monsieur Ki
de Koffi Kwahulé
(Côte d'Ivoire)
Gallimard, 2010
145 p., 16 euros

Présentation de l'éditeur :
« Toujours est-il que je ne me sens à l'aise qu'avec les Blancs racistes ; avec eux je suis confiant, je sais à quoi m'en tenir, je sais où je mets les pieds. (...) En revanche, je me méfie de ceux qui ont un ami sénégalais ou camerounais, les Monsieur-moi-je-connais-bien-les-Noirs, les Monsieur-moi-j'ai-passé-vingt-ans-en-Afrique, qui n'écoutent que Miles Davis ou Tiken Jah Fakoly, qui ne jurent que par la spontanéité et l'élégance naturelle des nègres. (...) Je ne mets pas en doute leur sincérité, mais ils me foutent mal à l'aise, c'est tout. » Voici un roman fou qui révèle, plus que les sages, notre monde, au premier, au deuxième, au trentième degré !... Roman-rhapsodie, Monsieur Ki chante et nous enchante pour caresser à rebrousse-poil notre temps...


L'Or des rivières
de Nimrod
(Tchad)
Actes Sud, 2010
125 p., 13 euros

Présentation de l'éditeur :
Revenant au pays comme chaque année pour visiter sa mère, Nimrod emprunte aux premières lueurs de l'aube les ruelles ocre de son quartier d'antan. Par-delà les années la vieille dame n'a pas bougé, et pour son fils exilé, voyageur lettré de passage en ce monde dont elle préserve l'intemporelle réalité, un sentiment soudain se précise : « C'est ma mère qui invente ce pays. » A partir de ce subtil hommage, Nimrod déploie, dans une succession de tableaux, des récits dans lesquels il réenchante les bonheurs passés et revient aux origines de son tempérament contemplatif, comme si dans l'enfance il percevait déjà l'inévitable départ et dès lors s'efforçait de préserver en lui un refuge aux dimensions de l'univers : la poésie est fille de mémoire.


Photo de groupe au bord du fleuve
d'Emmanuel Dongala
(Congo-Brazzaville)
Actes Sud, 2010
333 p., 22,80 euros


Présentation de l'éditeur :
Elles sont une quinzaine à casser des blocs de pierre dans une carrière au bord d'un fleuve africain. Elles viennent d'apprendre que la construction d'un aéroport a fait considérablement augmenter le prix du gravier, et elles ont décidé ensemble que le sac qu'elles cèdent aux intermédiaires coûterait désormais plus cher. Malgré des vies marquées par la pauvreté, la guerre, les violences sexuelles et domestiques, l'oppression au travail et dans la famille, les « casseuses de cailloux » découvrent la force collective et retrouvent l'espoir. Par sa description décapante des rapports de pouvoir dans une Afrique contemporaine dénuée de tout exotisme, Photo de groupe au bord du fleuve s'inscrit dans la plus belle tradition du roman social et humaniste, l'humour en plus.


Le Piment des plus beaux jours
de Jérôme Nouhouaï
(Bénin)
Le Serpent à plumes, 2010
338 p., 19 euros


Présentation de l'éditeur :
Nelson est un étudiant en deuxième année de droit. Il partage un deux-pièces avec deux autres étudiants : Jojo, sapeur, obsédé par les filles et l'argent, et Malcolm, intellectuel panafricain qui rumine de sombres pensées : les Libanais sont la gangrène du pays, explique-t-il, ils sont avides, racistes, sans foi ni loi. Un commerçant libanais est attaqué, battu. La boutique d'un autre incendiée. Un troisième est enlevé, retrouvé mort. Nelson soupçonne Malcolm, tandis qu'un groupe clandestin, le Calice noir, revendique les agressions contre des Libanais... Voici le cadre posé de ce premier roman foisonnant, avec pour question centrale : Où commence la xénophobie ? Un texte drôle, cruel et ironique. Une langue qui vaut le détour. Un portrait subtil et cru du Bénin d'aujourd'hui.


Si la cour du mouton est sale, ce n'est pas au porc de le dire
de Florent Couao-Zotti
(Bénin)
Le Serpent à plumes, 2010
202 p., 16 euros

Présentation de l'éditeur :
Il y a d'abord une miss, belle et longiligne, qu'on retrouve mutilée sur la berge de Cotonou. Il y a ensuite une autre galante, toute aussi irrésistible, qui vient proposer à un homme d'affaires libanais d'échanger de l'argent contre une valise de cocaïne. Il y a enfin un détective privé, contacté par une troisième chérie, qui voudrait un acquéreur pour la même poussière d'ange... Mais les nuits à Cotonou ont de multiples saveurs, qu'elles proviennent des fantômes teigneux, des amazones ou des populations elles-mêmes. Des gens qui aiment se rendre justice et charcuter au couteau tous ceux qui, dans leurs quartiers, sont surpris en flagrant délit de « pagaille nocturne ».


Le Silence des esprits
de Wilfried N'Sondé
(France, Congo)
Actes Sud, 2010
170 p., 17 euros


Présentation de l'éditeur :
Terrorisé par un contrôle de police sur les quais de la gare de Lyon, Clovis Nzila vient de sauter dans un train de banlieue. Sans-papiers, clandestin, il s'assied au hasard d'un wagon surchauffé et tente de maîtriser sa peur. Face à lui, une femme l'observe, accepte en retour ses regards indiscrets, ne semble pas effrayée par sa triste apparence. Attentive, elle engage la conversation, perçoit le désespoir de ce jeune Africain... Ensemble, ils vont plonger sans retenue dans un mirage, convaincus de renaître des cendres du passé. Après Le Coeur des enfants léopards, un premier roman très remarqué, Wilfriel N'Sondé nous livre ici le récit d'une rencontre sur le mode d'une ballade sombre et lumineuse.


Ténèbres à midi
de Théo Ananissoh
(Togo)
Gallimard, 2010
138 p., 13,90 euros


Présentation de l'éditeur :
Eric Bamezon, conseiller à la présidence de la République, convie le narrateur, un soir, à dîner. On s'attend à une rencontre avec un homme satisfait de sa vie et heureux de sa réussite; on découvre, à mesure qu'avance la nuit, un être pris dans un piège aux motifs obscurs... Ténèbres à midi est un roman où percent une ironie et une lucidité rares ; c'est le récit épuré et sans concession d'une perception de soi et de ses origines. Au-delà d'une histoire située en Afrique, c'est une question ni caduque ni réservée aux autres que reprend ici l'auteur : comment se conduire en homme ou femme de conscience dans un temps de cruauté généralisée ?

lundi 25 janvier 2010

Séisme en Haïti : Le festival des Etonnants Voyageurs aura bien lieu


En décembre 2007, l’incontournable festival international du livre et du film de Saint-Malo s’était délocalisé à Port-au-Prince pour une première édition d’Etonnants Voyageurs en Haïti. La seconde édition aurait dû s’ouvrir le 14 janvier dernier, soit deux jours après le tremblement de terre qui a fait, selon un nouveau bilan provisoire, 150 000 morts. Parmi ceux-ci, l’écrivain et géographe haïtien Georges Anglade et sa femme Mireille. Il faisait partie des auteurs invités par les Etonnants Voyageurs.

Place au deuil, à la survie et à la reconstruction. A Port-au-Prince, le festival dirigé par Dany Laferrière et Lyonel Trouillot a naturellement été annulé. Mais, « parce qu’il n’est pas possible de rester sur ces images de destruction », les organisateurs ont décidé de transporter Etonnants Voyageurs en Haïti… à Saint-Malo, du 22 au 24 mai, afin que « tous les auteurs haïtiens réunis y affirment haut et fort la vitalité de la création artistique de leur île ». Haïti s’ajoutera ainsi aux thèmes déjà prévus pour l’édition 2010 du festival, à savoir : la Russie, l’Inde et les indépendances africaines.

Rendez-vous est donc pris. En attendant, de manière plus symbolique, les animateurs d’émissions littéraires de France 5 – François Busnel, Patrick Poivre d’Arvor et Daniel Picouly – se mobilisent pour présenter un numéro spécial de « La Grande Librairie » consacré à Haïti. L’émission sera diffusée sur France 5, France Ô et TV5 Monde le jeudi 28 janvier à partir de 20h35.

Plus d’infos sur le site des Etonnants Voyageurs.

dimanche 17 janvier 2010

« A Love Supreme » au théâtre, à Paris


Encore du théâtre ! Et en musique s’il vous plaît ! Je m’en rends compte un peu tard, les représentations ont commencé le 7 janvier, mais il reste encore une semaine pour aller voir la compagnie Ultima Chamada jouer A Love Supreme, au théâtre du Grand Parquet (Paris-18ème).

Cette pièce, créée en 2006 et mise en scène par Luc Clémentin, est l’adaptation de la nouvelle éponyme parue en 1982 dans Jazz et Vin de palme. Dans ce livre, l’écrivain congolais Emmanuel Dongala glissait de Brazzaville à New York, de la farce révolutionnaire à la virée underground, jusqu’à, pour finir, ce A Love Supreme, titre d’un morceau de jazz mythique et, en l’occurrence, hommage à son créateur, le saxophoniste John Coltrane.

Le soir de la mort de ce jazzman de génie, le 17 juillet 1967, le patron d’un club de jazz ne peut s’empêcher de se remémorer et de raconter sa rencontre avec « J. C. », des années plus tôt. Telle est la trame de cette pièce où le comédien (Adama Adepoju) est accompagné de trois musiciens : un batteur, un contrebassiste… et un saxophoniste, bien sûr.

Amateurs de Coltrane et de Dongala, ne pas s'abstenir !





Jusqu’au 24 janvier, au Grand Parquet
Jeudi, vendredi et samedi à 20 h 30, dimanche à 18 heures
20 bis, rue du Département, Paris-18ème

De 5 à 13 euros

Plus d’infos sur le site de la compagnie Ultima Chamada ou sur le site du Grand Parquet.

A lire :
Jazz et Vin de palme
d’Emmanuel Dongala
Hatier, 1982
Edition de poche : Le Serpent à plumes, coll. Motifs,
205 p., 5,80 euros

mardi 12 janvier 2010

« Les Bouts de bois de Dieu » au théâtre, à Bagneux


Pour ceux qui ont aimé les adaptations au théâtre de Vie et enseignement de Tierno Bokar (Amadou Hampâté Bâ), de Allah n’est pas obligé (Ahmadou Kourouma) ou encore de Verre Cassé (Alain Mabanckou), un rendez-vous à ne pas manquer : vendredi 15 janvier, la Boyokani Kyeseli Company donne une nouvelle représentation des Bouts de bois de Dieu, une pièce de Hugues Serge Limbvani d’après le roman éponyme de l’écrivain sénégalais Sembène Ousmane. Cela se passe au théâtre Victor-Hugo, à Bagneux (Hauts-de-Seine).

Ce classique de la littérature africaine a été inspiré par un fait réel : la grève des cheminots de la ligne Dakar-Niger en 1947. Conçue comme un film retraçant la vie des héros de la plus longue grève que l’Afrique ait jamais connue, la pièce est une partition dont le personnage Grève – une sorte de griot –, les femmes et les grévistes eux-mêmes scandent les épisodes.

Pour un résumé plus « vécu » de ce spectacle, faites donc un tour chez Gangoueus.

Vendredi 15 janvier, 20 h 30, au théâtre Victor-Hugo
14, avenue Victor-Hugo, Bagneux (Hauts-de-Seine)
De 11 à 17 euros
Plus de détails ici.

dimanche 6 décembre 2009

Hampâté Bâ et Kourouma au théâtre, à Paris


Il faut croire que les écrits des grands auteurs africains, qu’ils soient classiques ou récents, passent particulièrement bien des pages aux planches. J’avais déjà parlé de l’adaptation au théâtre de Verre Cassé, d’Alain Mabanckou, et brièvement évoqué celle des Bouts de bois de Dieu, de Sembène Ousmane (aller voir chez Gangoueus pour plus de détails). Ce mois-ci, deux autres écrivains sont mis à l’honneur sur les scènes parisiennes : le Malien Amadou Hampâté Bâ (1900-1991) et l’Ivoirien Ahmadou Kourouma (1927-2003).



Au théâtre des Bouffes du Nord, Eleven and Twelve est une pièce mise en scène par Peter Brook et adaptée de Vie et enseignement de Tierno Bokar (1957), un livre dans lequel Amadou Hampâté Bâ raconte « l’histoire extraordinaire » du « sage de Bandiagara » – maître spirituel de l’auteur qu’on rencontre par ailleurs dans Amkoullel, l’enfant peul (1991).

Le metteur en scène britannique avait déjà tiré un premier spectacle du livre d’Amadou Hampâté Bâ : en 2004, le théâtre des Bouffes du Nord avait ainsi présenté la pièce Tierno Bokar. Eleven and Twelve en est le prolongement, qui raconte une querelle religieuse entre deux sages de l’islam, avec pour décor une Afrique bouleversée par un colonialisme qui se plaît à jeter de l’huile sur le feu des luttes intestines.

Pour Peter Brook, « ce thème éclaire plus que jamais une question qui concerne aujourd'hui le monde entier : la violence et l’intolérance. Le théâtre doit être très proche de nous pour nous concerner et très inattendu pour éveiller notre imagination. Tierno Bokar réunit ces deux conditions. »

Jusqu’au 19 décembre, au théâtre des Bouffes du Nord.
37 bis, boulevard de la Chapelle – Paris-10ème.
De 10 à 26 euros.
Le spectacle est en anglais, mais surtitré en français.
Plus de détails sur le site du théâtre des Bouffes du Nord.



Le deuxième rendez-vous du mois a lieu au théâtre du Lucernaire. Il s’agit de la pièce Allah n’est pas obligé, « farce carnassière » mise en scène par Laurent Mauriel et adaptée du roman du même nom publié en 2000 par l’écrivain Ahmadou Kourouma. Deux comédiennes y portent la parole du jeune héros, Birahima, enfant-soldat embarqué dans le « bordel au carré » des guerres de Sierra Leone et du Liberia. Histoire pleine d’humour et pourtant tellement monstrueuse, Allah n’est pas obligé décortique l’effet boule de neige et cyclique des guerres civiles en Afrique, sans imposer aucun moralisme au public.

Jusqu’au 3 janvier 2010, au théâtre du Lucernaire.
53, rue Notre-Dame-des-Champs – Paris-6ème.
De 10 à 20 euros.

Plus de détails sur le site du Lucernaire.

mardi 17 novembre 2009

« La Fureur des mots » autour d’Aimé Césaire, Paris-14ème


La figure d’Aimé Césaire, homme de lettres et homme politique martiniquais, est au cœur du l’édition 2009 du festival La Fureur des mots, organisé par la mairie du 14ème arrondissement de Paris, du 13 au 29 novembre. La Ville s’apprête d’ailleurs à donner le nom de l’écrivain à la bibliothèque Plaisance, afin de rendre hommage à « l’engagement littéraire » du poète et à « l’action politique contre le colonialisme » du député.

Cet hommage prend plusieurs formes :

- Une exposition des planches originales du livre de Daniel Maximin, Cent poèmes d’Aimé Césaire (Omnibus, 2009), sur les thèmes développés par Aimé Césaire : la Caraïbe natale, la décolonisation des peuples et des esprits, l’amour, la liberté. Bibliothèque Plaisance, jusqu’au 12 décembre. Vernissage le mardi 17 novembre à 18 heures.

- Une lecture du « Discours sur la négritude » que prononça Aimé Césaire lors de la première conférence des peuples noirs de la diaspora, à Miami, en 1987. Bibliothèque Brassens, jeudi 19 novembre à 20 heures.

- Une projection du film Eia pour Césaire !, de Sarah Maldoror, cinéaste d’origine guadeloupéenne. Suivi d’une débat avec Daniel Maximin, George Pau-Langevin, Annick Thébia. L’Entrepot, dimanche 22 novembre à 11 heures.

- Une lecture de textes d’Aimé Césaire, de Léopold Sédar Senghor et de Léon Gontran Damas, autres figures de la Négritude. Hôtel de Massa, mardi 24 novembre à 20 heures.

Contes pour enfants, chasse au trésor à travers les librairies et les bibliothèques, slam, bal littéraire, concours d’écriture avec les écoles, rencontres-dédicaces avec des écrivains… Le programme de La Fureur des mots compte par ailleurs de nombreux rendez-vous. A noter, Danny Laferrière dédicacera L’Enigme du retour le samedi 28 novembre à la librairie Tropiques.

Le programme complet est téléchargeable ici.

La Fureur des mots
Paris-14ème
Du 13 au 29 novembre

mardi 10 novembre 2009

Exposition sur « Présence africaine » au musée du quai Branly


Aujourd’hui s’est ouverte au musée du quai Branly, à Paris, une exposition consacrée à Présence africaine, la revue littéraire et culturelle fondée en 1947 par l’intellectuel sénégalais Alioune Diop, devenue également, deux ans plus tard, la maison d’édition que l’on connaît mieux aujourd’hui. Cette exposition, intitulée « Présence africaine : une tribune, un mouvement, un réseau », durera jusqu’au 31 janvier 2010.

Divisée en quatre sections présentant de nombreux ouvrages et documents d’archives, des photographies et quelques objets, des enregistrements sonores et audiovisuels, l’exposition donne à voir « l’émergence et l’influence d’un mouvement, d’une tribune pour la pensée et les revendications du monde noir à un époque où la majeure partie de l’Occident en avait une vision déformée, voir dépréciatrice ».

La première partie présente le contexte dans lequel la revue est apparue et les influences qui ont présidé à sa naissance : la presse noire de l’entre-deux-guerres – on pense à L’Etudiant noir, La Voix des Nègres ou encore La Revue du monde noir –, les mouvements noirs américains – la « Harlem Renaissance » –, la Négritude, les luttes anticolonialistes…

La deuxième partie présente le projet et les engagements de Présence africaine, et la façon dont Alioune Diop a réussi à fédérer tous les acteurs des diasporas noires, d’Aimé Césaire à Cheikh Anta Diop, mais aussi des soutiens du monde blanc tels que Jean-Paul Sartre ou André Breton.

La troisième partie revient sur les deux congrès des artistes noirs organisés par la revue, en 1956 et 1959. L’occasion d’évoquer les débats qui animaient le monde littéraire et intellectuel noir dans les années 1950-1960 : Guerre froide dans le monde, colonisation en Afrique, ségrégation raciale au Etats-Unis, apartheid en Afrique du Sud…

Enfin, la quatrième partie évoque l’action de Présence africaine en faveur de « l’art nègre », avec notamment l’organisation du premier Festival mondial des arts nègres, à Dakar en 1966.

Tous les détails ici.

Musée du quai Branly
37, quai Branly - Paris-7ème

dimanche 8 novembre 2009

Festival « Ecrivains d’Afrique : escales en Champagne-Ardenne »


Ce mois-ci, la littérature africaine est à l’honneur en Champagne-Ardenne. L’association Interbibly, agence de coopération entre les bibliothèques, les services d’archives et les centres de documentation de la région, y organise, du 12 au 25 novembre, un festival intitulé « Ecrivains d’Afrique : escales en Champagne-Ardenne » et ainsi résumé : « rencontres d’auteurs en bibliothèques et dédicaces en partenariat avec les librairies ».

Pour Delphine Quéreux-Sbaï, co-présidente d’Interbibly, il s’agit de proposer « des échanges Nord-Sud d’un autre genre, une façon originale de découvrir le continent africain, son histoire riche, son héritage complexe et sa vitalité créatrice ». C’est aussi, selon elle, « l’occasion pour nos bibliothèques de vibrer au rythme et aux couleurs d’une Afrique plurielle ».

Plurielle, la liste des auteurs invités l’est en effet. Seront présents des écrivains reconnus et d’autres qui gagnent à l’être :

- pour la Côte d’Ivoire, la scénariste de BD Marguerite Abouet (Aya de Yopougon, Gallimard, 2008) et l’écrivaine Véronique Tadjo (Ayanda, la petite fille qui ne voulait pas grandir, Actes Sud junior, 2007).
- pour l’Afrique du Sud, André Brink (Dans le miroir, Actes Sud, 2009).
- pour le Sénégal, Ken Bugul (Mes hommes à moi, Présence africaine, 2008) et Fatou Diome (Inassouvies, nos vies, Flammarion, 2008).
- pour le Cameroun, Gaston-Paul Effa (Nous, enfants de la tradition, Anne Carrière, 2008) et Gaston Kelman (Les Hirondelles du printemps africain, JC Lattès, 2008).
- pour le Congo-Brazzaville, Wilfried N’Sondé (Le Cœur des enfants léopards, Actes Sud, 2009) et Antoine Matha (Epitaphe, Gallimard, 2009) : à noter, ce dernier est le local de l’étape, puisque l’auteur a élu domicile à Reims.
- pour le Rwanda, Esther Mujawayo (La Fleur de Stéphanie, Flammarion, 2009).
- et enfin pour Djibouti, Abdourahman A. Waberi (Passage des larmes, JC Lattès, 2009).

Soit, au total, près de 40 rencontres avec onze auteurs originaires de sept pays, dans 24 petites et grandes bibliothèques des Ardennes, de l’Aube, de la Marne et de la Haute-Marne.

Le programme des rencontres et la liste des bibliothèques et librairies participantes est consultable sur le site d’Interbibly.




Et c’est bien connu, quand y’en a plus, y’en a encore ! et c’est du côté de Chaumont (Haute-Marne) qu’il faut aller chercher le petit supplément de ce festival, du 11 au 15 novembre. Pour être dans le même ton, le septième salon du livre de la ville a en effet adopté pour thème : « L’Afrique & les déserts ». Dédicaces, débats, lectures, contes, théâtre, mais aussi expositions, cinéma, musique… le programme est riche et dépasse le seul cadre de la littérature.

On retrouvera au salon du livre de Chaumont quelques-uns des auteurs participant au festival de Champagne-Ardenne : André Brink, Ken Bugul, Gaston-Paul Effa, Gaston Kelman, Wilfried N’Sondé et Abdourahman Waberi.

Pour plus détails, c’est par ici.

lundi 19 octobre 2009

Rencontres littéraires au musée Dapper, à Paris


A vos agendas ! Samedi 24 octobre, le musée Dapper des arts de l’Afrique, des Caraïbes et de leurs diasporas entame une série de rencontres avec des écrivains africains et caribéens, intitulées « Paroles de… ».

Cela commence avec la romancière camerounaise Léonora Miano (photo), ce samedi, donc, à 15 heures. Des extraits de son dernier livre, Les Aubes écarlates (Plon, 2009), seront lus par la comédienne Léonie Simaga, pensionnaire de la Comédie-Française.

Le jeudi 5 novembre à 19 heures, ce sera au tour du Haïtien Lyonel Trouillot (Yanvalou pour Charlie, Actes Sud, 2009), puis, le samedi 12 décembre à 15 heures, du Djiboutien Abdourahman Waberi (Passage des larmes, JC Lattès, 2009). Pour ces deux auteurs, les lectures seront assurées par le comédien Paulin F. Fodouop.

Ces trois rencontres seront animées par Nathalie Carré.

Enfin, le mercredi 16 décembre à 19 heures, l’écrivain guadeloupéen Daniel Maximin présentera une soirée consacrée au Martiniquais Frantz Fanon (1925-1961) et à ses textes fondamentaux : Peau noire, masques blancs, Les Damnés de la Terre, Pour la révolution africaine, dont des extraits seront lus par Aliou Cissé et Paul Borne, comédiens.


Par ailleurs, des rencontres thématiques associant des écrivains africains auront également lieu très prochainement.

Ainsi, le samedi 31 octobre à 15 heures, dans le cadre d’un week-end consacré au thème « Des hommes dans la ville », le musée Dapper accueillera l’écrivain et réalisateur d’origine sénégalaise Mamadou Mahmoud N’Dongo (photo) dont le dernier roman, El Hadj (Le Serpent à plumes, 2008), nous fait arpenter les tours et détours d’une banlieue parisienne dont il est bien difficile de s’échapper. Le rappeur Rocé sera également présent lors de cette rencontre.

Pour finir, le samedi 28 novembre à 15 heures, dans le cadre d’un week-end dédié à l’univers de la Sape (Société des ambianceurs et des personnes élégantes), c’est bien sûr l’écrivain congolais Alain Mabanckou (Black Bazar, Seuil, 2009) qui est invité à s’entretenir avec Djo Balard, l’une des figures emblématiques de ce courant.

Plus de détails sur les week-ends thématiques du musée Dapper ici.

Et pour tous ces rendez-vous, l’entrée est libre mais la réservation conseillée !

Musée Dapper
35, rue Paul-Valéry – Paris-16ème
Tél. : 01 45 00 91 75


mardi 29 septembre 2009

Alain Mabanckou, invité d’honneur du salon du livre de L’Haÿ-les-Roses


La ville de L’Haÿ-les-Roses (Val-de-Marne, 30 000 habitants) veut « créer l’évènement » – c’est le maire Patrick Sève qui l’écrit – avec la deuxième édition de son salon du livre, du 2 au 4 octobre.

Et elle s’en donne les moyens : quelque 200 auteurs et une soixantaine de maisons d’édition se donnent rendez-vous au Moulin de la Bièvre sur le thème de « la culture des sens et le sens des cultures », sous la présidence de Suzanne Varga (prix de l’Acadamie française pour sa biographie du dramaturge et poète espagnol Félix Lope de Vega), et avec pour invités d’honneur l’écrivain Alain Mabanckou (Black Bazar) et l’historien François Durpaire (La Révolution antillaise).

Voici quelques temps forts de ce long week-end consacré au livre et aux sens :

Le vendredi 2 octobre. Conférence : « Aujourd’hui… les Antilles ! La force de regarder demain ! Aimé Césaire… », avec notamment les écrivains guadeloupéen et martiniquais Ernest Pépin et Suzanne Dracius.

Le samedi 3 octobre. Rencontre avec Sérigne M. Guèye, auteur des Derniers de la rue Ponty, plus connu sous son nom de rappeur Disiz La Peste, sur le thème « De la musique à l’écriture ». L’auteur sera interrogé par Eugénie Diecky, de la radio Africa N°1.

Le dimanche 4 octobre. Série de conférences sur des thèmes comme « Guérir par la lecture et par les sens », « Les sens à table », « Les sens célèbrent le corps : du sacré au profane ».

Bien entendu, en-dehors des conférences et des rencontres inscrites sur le programme, de nombreux auteurs seront là pour des moments de rencontre avec les lecteurs et des séances de dédicaces : parmi eux, Abdourahman Waberi (Djibouti), Doumbi Fakoly (Mali), Gaston Kelman (Cameroun), Mamadou N’Dongo (Sénégal), et bien sûr Alain Mabanckou (Congo-Brazzaville) qui parlera de son dernier ouvrage, Black Bazar, le dimanche à partir de 14 heures…

Toute la programmation ici : http://www.lhaylesroses.fr/



Salon du livre de L’Haÿ-les-Roses
Du vendredi 2 octobre (à partir de 17 heures) au dimanche 4 octobre (jusqu’à 21 heures)
Moulin de la Bièvre - 73, avenue Larroumès - 94240 L’Haÿ-les-Roses

jeudi 10 septembre 2009

Quelques romans de la rentrée littéraire 2009 (suite)


Vacances terminées ! Je reviens comme je suis parti, en vous proposant quatre bouquins de la rentrée littéraire qui m’avaient échappé : Les Petits de la guenon, de Boubacar Boris Diop (Sénégal), Les Aubes écarlates, de Léonora Miano (Cameroun), Les Pieds sales, d’Edem Awumey (Togo), et Le Sari vert, d’Ananda Devi (Maurice).

Les Petits de la guenon
de Boubacar Boris Diop
éd. Philippe Rey, 2009
437 p., 19,50 euros


Présentation de l'éditeur :
Au soir de sa vie, Nguirane Faye souffre d'être sans nouvelles de son petit-fils Badou, émigré dans quelque lointain pays étranger. Ils ne se reverront plus, il le sait. Il décide alors de tout lui raconter dans sept carnets que le jeune homme trouvera à son retour à Niarela. Mais ce qui devait être une simple relation de la vie quotidienne d'un quartier dakarois devient peu à peu une fiction foisonnante. Nguirane Faye dresse le bilan de sa propre vie et nous fait découvrir, par un subtil croisement des récits, l'histoire de ses aïeux, les royaumes anciens, les grands écrivains wolofs et le Sénégal d'aujourd'hui.


Les Aubes écarlates
de Léonora Miano
Plon, 2009
274 p., 18,90 euros

Présentation de l'éditeur :
Epa a été enrôlé de force dans les troupes d'Isilo, un mégalomane qui rêve de rendre sa grandeur à toute une région de l'Afrique équatoriale. Emmené au cœur d'une zone isolée, il découvre qu'il est entouré de présences mystérieuses : plusieurs fois, il aperçoit des ombres enchaînées demander réparation pour les crimes du passé. Sur tout le continent, les esprits des disparus de la traite négrière distillent l'amertume et la folie en attendant que justice leur soit rendue... Parvenant à s'échapper, Epa retrouve Ayané, une fille énigmatique et attentionnée qui l'aide à reprendre goût à la vie.



Les Pieds sales
d’Edem Awumey
Seuil, 2009
168 p., 17 euros

Présentation de l’éditeur :
De sa petite enfance, Askia n'a conservé en mémoire qu'une image quasi biblique : son père, sa mère, un âne et lui, marchant sans fin dans la poussière. Il avait 5 ans. « Longtemps, nous avons été sur les routes, mon fils. Et partout, on nous a appelés les pieds sales. Si tu partais, tu comprendrais. » Répondant à cette injonction maternelle, Askia est parti à Paris où il est devenu chauffeur de taxi. Ses passagers qui l'épient dans le rétroviseur lui trouvent quelquefois une ressemblance frappante avec un certain « homme à turban » qui fut peut-être son père. Ce père qu'il recherche, Sidi Ben Sylla Mohammed, et que tout le monde croit avoir vu quelque part.


Le Sari vert
d’Ananda Devi
Gallimard, 2009
214 p., 16,50 euros

Présentation de l’éditeur :
Dans une maison de Curepipe, sur l'île Maurice, un vieux médecin à l'agonie est veillé par sa fille et par sa petite-fille. Entre elles et lui se tisse un dialogue d'une violence extrême, où affleurent progressivement des éléments du passé, des souvenirs, des reproches, et surtout la figure mystérieuse de la mère de Kitty, l'épouse du « Dokter-Dieu », qui a disparu dans des circonstances terribles. Elles ne le laisseront pas partir en paix.

jeudi 13 août 2009

Quelques romans de la rentrée littéraire 2009


Il est temps pour moi de prendre des vacances
que, selon la formule consacrée, je juge « bien méritées »… Mais pour ne pas partir comme un voleur, je vous soumets quelques propositions de lectures : parmi la vague de romans annoncés pour la rentrée littéraire, en voici trois dont les échos – de bons échos, autant le dire – sont parvenus jusqu’à mes oreilles.

Haïti est à l’honneur, avec Yanvalou pour Charlie, de Lyonel Trouillot, et L’Enigme du retour, de Dany Laferrière, roman écrit en vers libres. Le troisième est Passage des larmes, de l’écrivain djiboutien Abdourahman Waberi.

Yanvalou pour Charlie
de Lyonel Trouillot
Actes Sud, 2009
176 p., 18 euros
A paraître le 19 août

Présentation de l’éditeur :
Au prix du cynisme, Mathurin D. Saint-Fort a cru pouvoir effacer de sa mémoire les souffrances d'un passé qu'il s'emploie à renier pour se placer toujours davantage du bon côté de l'existence. Jusqu'au jour où fait irruption dans la vie de l'avocat ambitieux qu'il est devenu, un adolescent loqueteux. Charlie, en absolue détresse, vient lui demander de l'aide au nom des attachements de jadis.




L’Enigme du retour
de Dany Laferrière
Grasset, 2009
300 p., 18 euros
A paraître le 2 septembre

Présentation de l’éditeur :
On retrouve dans ce livre le personnage de l'écrivain qui ne fait apparemment rien que prendre des bains dans son appartement à Montréal. Un matin, on lui téléphone : son père vient de mourir. Son père qui avait été exilé d'Haïti par le dictateur Papa Doc, comme le narrateur, des années plus tard, l'avait été par son fils, le non moins dictatorial Bébé Doc. C'est l'occasion pour lui d'un voyage initiatique à rebours. Il part d'abord vers le Nord, comme s'il voulait paradoxalement fuir son passé, puis gagne Haïti pour les funérailles de son père. Accompagné d'un neveu, il parcourt son île natale dans un périple doux et grave, rêveur et plein de charme, qui le mène sur les traces de son passé, de ses origines. Mais revient-on jamais chez soi ?


Passage des larmes
d’Abdourahman A. Waberi
JC Lattès, 2009
250 p., 17 euros
A paraître le 26 août

Présentation de l’éditeur :
Djibril a quitté Djibouti depuis de longues années. A Montréal, il est devenu un homme neuf : le pays de son enfance n’est plus pour lui qu’une terre étrangère, poussiéreuse, un terrain vague. Employé par une agence de renseignement, il doit pourtant y retourner pour une mission de quelques jours. Djibouti est devenu un enjeu géostratégique majeur : la France, les Etats-Unis, Dubaï, les islamistes se disputent ce morceau de basalte. Les plaies s’ouvrent, les fantômes des siens viennent le hanter, son enquête piétine. Chaque jour, il se laisse entraîner sur les chemins dangereux de la mémoire. De sa prison cachée sur les îlots du Diable, au large de Djibouti, Djamal, le frère jumeau de Djibril, a appris le retour de son aîné prodigue : il le suit en pensée où qu’il aille, l’interpelle, ne le laisse pas en paix. On ne revient pas impunément sur les traces de son passé.


Haïti, Montréal, le passé, la mémoire, l’exil… Autant de points communs, de passerelles entre ces trois romans !

Sur cette dernière réflexion, je me retire et vous donne rendez-vous ici-même en septembre. Bel été !

jeudi 28 mai 2009

« Verre Cassé » en représentation aux Etonnants Voyageurs, à Saint-Malo


L’édition 2009 du Festival international du livre et du film Etonnants Voyageurs se déroule du 30 mai au 1er juin à Saint-Malo. A cette occasion, une grande soirée événement a lieu le soir du dimanche 31 mai, avec la représentation exceptionnelle de Verre Cassé, la pièce de théâtre tirée du roman du même nom d’Alain Mabanckou (premier lauréat du prix Ouest-France Etonnants voyageurs en 2005).

Adapté à la scène en France par le musée Dapper sous la direction de Gerty Dambury, cette pièce est jouée par Tadié Tuéné (Une saison de machettes mis en scène par Dominique Lurcel, L’Ivrogne dans la brousse adapté par Philippe Adrien…) et Jean Bédiébé (Chocolat de Claire Denis, Kirikou et les Bêtes sauvages de Michel Ocelot et Bénédicte Gallot…).

J’avais vu cette pièce en décembre dernier au musée Dapper, à Paris. On y retrouve toute la truculence du roman, dont je résumais ainsi l’intrigue il y a quelque temps : « Un habitué d’un bar congolais crasseux – Le Crédit a voyagé – se voit remettre par le patron un cahier dans lequel écrire les anecdotes pittoresques et décrire les personnages picaresques du troquet. » Sur scène, les deux comédiens incarnent à eux seuls toute cette galerie de personnages, à grands renforts de dialogues loufoques, de passages chantés et de tirades interminables et savoureuses – deux qualificatifs qui, soit dit en passant, siéent à merveille à la scène mémorable du concours du pipi le plus long…

Pour réserver vos places, c’est ici.

Verre Cassé d’après le roman d’Alain Mabanckou
Adaptation et mise en scène de Gerty Dambury
Avec Jean Bédiédé et Tadié Tuéné
Une création du Musée Dapper
Dimanche 31 mai au Théâtre de Saint-Malo
6, place Bouvet - 35400 Saint-Malo
Tarif unique : 20 € ; - 16 ans : 5 €

Côté littérature afro-caribéenne, on trouve parmi les écrivains invités au festival, par ordre alphabétique (et j’en oublie sûrement !) :
- le Nigérian Biyi Bandele (La Drôle et Triste Histoire du soldat Banana, Grasset, 2009)
- le Haïtien Louis-Philippe Dalembert (Le Roman de Cuba, éditions du Rocher, 2009)
- le Rwandais Gilbert Gatore (Le Passé devant soi, Phébus, 2008)
- le Malien Moussa Konaté (La Malédiction du Lamantin, Fayard, 2009)
- la Haïtienne Yanick Lahens (La Couleur de l’aube, éditions Sabine Wespieser, 2008)
- le Congolais Alain Mabanckou (Black Bazar, Seuil, 2009)
- le Sénégalais Souleymane Mbodj (Contes d’Afrique pour les tout-petits, Milan, 2008)
- le Franco-Congolais Wilfried N’Sonde (Le Cœur des enfants léopards, Actes Sud, 2007)
- le Haïtien Lyonel Trouillot (Eloge de la contemplation, Riveneuve, 2009)
- le Djiboutien Abdourahman Waberi (Aux Etats-Unis d’Afrique, Lattès, 2006)
…

A noter également : le samedi, les Martiniquais Patrick Chamoiseau (Les Neuf Consciences du Malfini, Gallimard, 2009) et Edouard Glissant (Philosophie de la relation, Poésie en étendue, Gallimard, 2009) vous donnent rendez-vous à 16 h 15 à la salle Maupertuis sur le thème « Esthétique et politique du Tout-Monde ».

Le reste de la programmation du festival – et Dieu sait qu’elle est riche ! – est consultable ici.

mercredi 6 mai 2009

Hommage à Suzanne Césaire, au musée Dapper, à Paris


A l’occasion de la parution du Grand Camouflage (Seuil, 2009), sous la direction de Daniel Maximin, le musée Dapper des arts de l’Afrique, des Caraïbes et de leurs diasporas, rend hommage, jeudi 7 mai à 19 heures, à l’écrivaine Suzanne Césaire (1915-1966), l’épouse d’Aimé Césaire.

Dans Le Grand Camouflage, l’écrivain guadeloupéen Daniel Maximin (photo) a rassemblé sept articles écrits entre 1941 et 1945 par Suzanne Césaire dans Tropiques, la revue littéraire la plus importante des Antilles. « Sept textes, indique le musée, sur les thèmes de la poésie, du surréalisme, des Antilles et des racines africaines, qui manifestent avec force l’entrée des cultures antillaises dans la modernité politique et littéraire, la rupture brutale et ironique avec les traditions doudouistes des écrits coloniaux, et l’ouverture à tous les vents artistiques des Amériques, d’Europe et d’Afrique. »

La seconde partie du recueil se fait l’écho des rencontres entre Suzanne Césaire et des intellectuels comme André Breton, Claude Lévi-Strauss, Pierre Mabille, André Masson, Wifredo Lam et Jacqueline Lamba.

Au cours de cette rencontre avec Daniel Maximin, les comédiens Léonie Simaga et Paul Borne liront des extraits de textes de Suzanne Césaire.

Hommage à Suzanne Césaire
Musée Dapper
35 bis, rue Paul-Valéry, Paris-16ème
Jeudi 7 mai à 19 heures

A lire :
Le Grand Camouflage, Ecrits de dissidence
textes de Suzanne Césaire
Seuil, 2009
123 p., 14 euros


Source : Musée Dapper

lundi 20 avril 2009

Salon africain du livre, à Genève


Dans le cadre du Salon international du livre et de la presse de Genève, du 22 au 26 avril, se tient le sixième Salon africain du livre, de la presse et de la culture. Créé en 2004, cet événement, soutenu par l’Organisation internationale de la francophonie et par le département suisse des Affaires étrangères, a pour vocation de « favoriser une meilleure connaissance de l’Afrique et de sa remarquable littérature ».

L’édition 2009 se présente sous le thème d’une actualité particulière : « Afrique migrations : des origines de l’homme à nos jours ». Elle permettra au public de rencontrer des auteurs, des éditeurs, des journalistes, de participer et d’assister à des conférences et débats sur le thème de l’Afrique et de la migration.

Parmi les invités au rendez-vous : Gustave Akakpo (Togo), Adame Ba Konaré (Mali), Tanella Boni (Côte d’Ivoire), Patrick Chamoiseau (Martinique), Kossi Efoui (Togo), Dany Laferrière (Haïti), Abasse Ndione (Sénégal)…

Le Salon sera également l’occasion de remettre le prix Ahmadou Kourouma, le jeudi 23 avril.

6ème Salon africain du livre, de la presse et de la culture
Geneva Palexpo
Du mercredi 22 au dimanche 26 avril

Source : Salon international du livre et de la presse (où l’on peut notamment télécharger le programme détaillé)

samedi 11 avril 2009

« Une vie d’ailleurs », au Musée africain de Lyon


Dans la rubrique « rendez-vous », voici un petit détour par l’art contemporain pour aborder l’écriture par un biais autre que la littérature. Au Musée africain de Lyon, l’artiste togolais Sokey Edorh s’interroge sur le rapport du continent à la trace écrite, pour ne pas réduire l’Afrique à sa fameuse « tradition orale ».

Le descriptif de l’expo :
« Le stéréotype voudrait que les Africains n’aient pas de tradition écrite. La vérité, c’est qu’ils connaissent l’écriture depuis l’aube de l’humanité. Quelle culture ne possède pas son écriture propre, née des tout premiers idéogrammes et pictogrammes ? C’est précisément l’idée que Sokey Edorh défend à travers ses œuvres. Les signes d’écriture révèlent selon lui un style de vie qui, non seulement semble venir d’ailleurs, mais qui est aujourd’hui perdu pour de nombreux Africains. Ainsi, Edorh s’attache à créer un langage qui puisse jeter un pont entre la société africaine moderne et son passé. Dans ses œuvres, l’artiste poursuit une quête personnelle pour se réapproprier une partie de son histoire, de son identité et de sa culture. »

Exposition « Une vie d’ailleurs »
Musée africain de Lyon
150 cours Gambetta, Lyon

Jusqu’au 19 avril 2009